ISEFRA N LOUNIS AIT-MENGUELLET
26/12/2015 03:09 par artisteskabyles
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ISEFRA N LOUNIS AIT-MENGUELLET
26/12/2015 03:09 par artisteskabyles
Tiregwa (Inagan)
Tis 4
Nemnam-agi yeskidib
sekra i d-yesqizib
maÄÄi d-ayen i d-ttafeγ,
abrid ar γurem wer yeqá¹›ib
mi yeqleγ d-aγá¹›ib
yewεeá¹› yidem ad mlileγ,
ayen i nurga ur t-neksib
yeqaren ur yektib
ma yusad targit teffeγ,
d-wagi iw(u)mi qaren ná¹£ib
almi bwiγ lεib
teseá¸lemá¸-iyi ur á¸elmeγ
seg wasen acḥal i yerniγ
usan iw(u)mi cfiγ
ar telt iyam di lεemá¹›iw,
lḥiγ aá¹as a yelḥiγ
ur iban ma εyiγ
εegu yekcem tanumi-w,
renun wusan ur ẓṛiγ
εebeγ ur ukwiγ
εeá¹›eqn-iyi leḥsab-iw,
tura aql-iyi a tt-nadiγ
amkan anda rriγ
taγzalt ig zedγen ul-iw,
nuγeγ yidek a yul-iw
ḥkiγ leγbayen-iw
i win yeqaẓen iẓekwan,
nwiγ yeγzas i lhem-iw
yená¹el urfan-iw
ziγ d-ijdiden i d-yenulfan,
zind akw s-aqaruy-iw
mi tebεen later-iw
ulla d-wid nwiγ εeddan,
mi terkeb tawla igenni-w
ḥṣiγ zehr-iw
d-asawen it εeban waman,
sameḥt-as yegul s-lḥir
ul-iw ur nefir
alarmi is εawÄŸÄŸen lecγal,
s-ayla-nneγ a nγiwel a nezwir
lukan i nezmir
lamaεna ixeá¹›beγ lfal,
a yaken ik telhi ur telhi
ixeá¹›b-iyi lebni
sang(a) gwadeγ ig ttuγal,
txaá¹›eq targit yisi
kul wa iruḥ sani
kul yiwen lÄŸÄŸiha γer i mal…
Transcription : Icerfan
Modif’s : le 30.12.10
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Amacahu
A dunit-iw
A dunit-iw
xedmeγ-am leḥsab γelá¹eγ
maÄÄi aka a yebniγ fellam,
a dunit-iw
dliγ (γ)ef leḥsab xedmeγ
ziγ maÄÄi d-tin ay d-á¹£ifa-m,
ẓṛiγ tebrek
mi g-laq ad ẓṛeγ temlel,
ẓṛiγ lḥeq
mi g-laq ad ẓṛeγ lbaá¹el,
a dunit-iw
leḥsab yakw xedmeγ yebá¹el
kra d-ikfeln a nεiwed a tnená¹el,
a dunit-iw
leḥsab yakw xedmeγ yebá¹el
kra ig ná¹eln at i d-nesekfel,
xas m(e)l-iyi-d
d-acu i d-lekdeb ? d-acu i d-ṣeḥ ?
ḥemmleγ lekdeb
kul m’ar a d-id-yesefá¹›eḥ,
a dunit-iw
teṛefṛaḥd-iyi s-lekdeb
teá¹›iá¹ d-á¹£elá¹an lehdur,
a dunit-iw
tesbaneḠtideţţ tesleb
geranneγ tebniḠṣuá¹›,
á¸elbeγ tideţţ
tenniá¸-d : “iya ak ţţ-sekneγ”,
nebwá¸ed γer tideţţ
am tgelzimt dges εefseγ,
a dunit-iw
leḥsab yakw xedmeγ yebá¹el
kra d-ikfeln a nεiwed a tnená¹el,
a dunit-iw
leḥsab yakw xedmeγ yebá¹el
kra ig ná¹eln at i d-nesekfel,
mi d-yebweḠyiá¸
ad tcegeε tirga s-γuri,
mi d-yebweḠyiá¸
ma ţţuγ-ţţ a d-id-smekti,
a dunit-iw
urgeγ lwerd azegwaγ
tesufγeḠtargit s-idamen,
a dunit-iw
urgeγ lwerd amellal
idamen-nni zin-d i lekwfen,
ulla d-ţţargit
tufiá¸-as sanga teffeγ,
mi urgeγ la ţţruγ
ahat asen ad ferḥeγ,
a dunit-iw
leḥsab yakw xedmeγ yebá¹el
kra d-ikfeln a nεiwed a tnená¹el,
a dunit-iw
leḥsab yakw xedmeγ yebá¹el
kra ig ná¹eln at i d-nesekfel,
ma yehwayam
kra ig qrebn a terreḠur yeqrib,
ma yehwayam
aεdaw a t-id-terreḠd-aḥbib,
a dunit-iw
ziγ d-kem i d-iyi-á¹fen
im yehwan at xedmeḠyesi,
a dunit-iw
ziγ d-kem i d-imen
im yehwan a ţţ-ḥeţţmeḠfelli,
acḥal γileγ
ger ifasen-iw i telliá¸,
ur εlimeγ
s-ifasen-im i d-iterriá¸,
a dunit-iw
nig uqeru-w tezgiá¸
anida lliγ, telliḠyidi,
a dunit-iw
am sif i cuden s-lxiá¸
mi d-iqeṛṣ a tegluḠyesi…
Transcription : Icerfan
Modif’s : le 25.12.10
IDIR
26/12/2015 02:48 par artisteskabyles
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IDIR
26/12/2015 02:48 par artisteskabyles
BIOGRAPHIE
Lorsqu’on évoque le chanteur Idir, il n’est pas rare que les plus anciens vous reprennent pour préciser « Le poète ! ». Poète, il l’est en effet depuis ses jeunes années dans son village d’Aït Lahcène en Haute-Kabylie. A l’époque, alors que ses copains s’époumonent sur les tubes anglo-saxons, Hamid Cheriet (son vrai nom) gratte sa guitare sur des mélodies traditionnelles pour exprimer ses doutes, ses rêves d’adolescent précoce. « Je me souviens des vieux qui me demandaient des conseils parce que je disais des choses qui appartenaient à la sagesse populaire. Cela me gênait un peu. J’ai juste eu la chance d’être là au bon moment avec les mots et les chansons qu’il fallait ». Une reconnaissance que le sociologue Pierre Bourdieu explique ainsi : « Idir n’est pas un chanteur comme les autres. C’est un membre de chaque famille».
Que l’on voie en lui le précurseur de la world ou le chantre de la musique berbère, ce « passeur » se situe au carrefour de toutes les influences qui ont bercé son enfance. Un pied dans le monde paysan de son père, ancré dans l’histoire de l’Algérie, l’autre à la lisière de ce show-biz qui l’effraie un peu. Car rien ne destinait cet homme discret à devenir une icône, une référence.
Sa formation de géologue aurait pu l’amener à arpenter indéfiniment la planète à la recherche de gisements de pétrole. Mais, sa modestie naturelle dut-elle en souffrir, il a fait jaillir, avec ses chansons, quelque chose d’aussi précieux que l’or noir : la voix d’une minorité, la sienne, dont l’écho a largement franchi les frontières de sa Kabylie natale.
Et, comme bon nombre de grandes découvertes, tout a commencé par l’un de ces hasards que nous réserve parfois le destin. En 1973, sur Radio-Alger, il remplace un artiste malade et interprète au pied-levé « Rsed Ay Ides ». Une berceuse qui éveille l’attention des auditeurs… et de sa maman. Cette dernière s’interroge sur ce garçon qu’elle a entendu sur les ondes, sans savoir qu’il s’agit de son fils ! Encore frileux devant cette attention nouvelle, Idir mettra quelques temps avant de se confesser…
Il faudra pourtant attendre trois ans et son retour du service militaire pour qu’il enregistre un premier album baptisé « A Vava Inouva ». Le titre, qui donne son nom au disque, connaîtra un succès international. Le premier venu d’Afrique du Nord ! Il sera diffusé dans de nombreux pays et traduit en plusieurs langues. Viendront ensuite «Ay Arrac Negh », « Les chasseurs de lumières », le best of « Deux rives, un rêve », « Identités », le live « Entre scènes et terres », « La France des couleurs ». Des albums dans lesquels Idir reprend les thèmes qui lui sont chers : l’exil, l’identité, la lutte contre toutes les formes d’intégrisme, l’amour, l’espoir…Même si pour l’espoir, il confie avec un sourire un peu triste qu’il ne se berce pas d’illusions : « mais quoi qu’il arrive, je laisse toujours la petite lumière allumée, au bout du tunnel ». Lucide et authentique, Idir s’avoue incapable d’écrire sur des choses qu’il n’a pas vécues. « Cela ne m’attire pas. Je ne peux pas non plus prendre mon stylo sur commande. Je n’ai rien à vendre que mes disques, comme disait Brassens. Cela m’a peut-être donné de la distance, sans trop vendre mon âme ». Voilà pourquoi il a produit si peu en 35 ans de carrière !
Qu’importe, écouter l’un de ses albums, c’est un peu comme reprendre la conversation avec un ami de longue date. Qu’il dialogue avec son public, convie Manu Chao, Dan Ar Braz ou Zebda pour parler d’« Identités » ou encore la jeune génération comme Grand Corps Malade, Akhenaton, Oxmo Puccino afin de redessiner sa « France des Couleurs ». Une France où il a choisi de vivre, nouant ainsi de solides amitiés avec des artistes comme Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldmann ou Maxime Le Forestier. On se souvient du beau duo qu’il a formé avec ce dernier pour « Tizi Ouzou », une version kabyle du fameux « San Francisco ».
Il faut dire que les chansons de ce conteur ont une portée universelle. « Je pense souvent à cette situation étonnante : je chante devant des gens qui ne comprennent pas toujours mes mots mais qui se dérangent et payent pour m’écouter. L’humanité, elle est là. Je souhaite à tout le monde de recevoir autant d’amour ». Même s’il confie que tout cela est parfois lourd à assumer. « J’ai toujours peur de décevoir ».
Mais que l’homme et l’artiste se rassurent, son nouvel album éponyme, est à la hauteur de l’attente. Pensez, le premier en solo depuis 1993 ! « Identités » et « La France des couleurs » étaient des concepts, avec celui-ci, je renoue avec mon public».
Un public auquel il dédie ces onze chansons, enregistrées à la maison. Outre la guitare, ce musicien accompli assure également bon nombre de sessions sur les instruments traditionnels, omniprésents sur cet opus : t’bel, mandole, flûte à bec, banjo, bendir…Idir y confie ses angoisses de père et de petit garçon, offre une relecture inattendue de l’Hymne à la joie de Beethoven, loue la beauté de sa montagne et des chants de femmes… Et rend un hommage bouleversant à sa mère, disparue il y a quelques mois. Des textes sans doute moins politiques que par le passé, comme si Idir, apaisé, libéré de son statut d’artiste militant, baissait un peu la garde pour se laisser aller à ses émotions.
Petites explications de textes :
1 – Saεid ulaεmara (Saïd oulamara)
(Amezziane Kezzar/Idir)
L’album ouvre sur cet air de fête en Kabylie joué avec des instruments traditionnels : le t’bel (instrument de percussion à baguettes), le bendir (tambourin recouvert de peau de chèvre), la Ghaïta (de la famille des hautbois), la flûte à bec…
2 – Adrar inu (Ma montagne)
(Idir/Idir)
« Sur ce titre, on entend la voix de ma fille Nina. J’ai eu envie de décrire la majesté des paysages de mon enfance. Comme dirait un immense artiste : «Mon dieu que la montagne est belle…»
3 – Tuùγac n wanzul (Musiques du Sud)
(Idir/Idir)
« A chacun son sud ! » Idir parle du soleil et des couleurs qui lui ont inspiré ces rythmes assez enlevés. « Quelle que soit notre origine, tout cela fait battre nos cœurs à l’unisson ».
4 – Ccac l-lwiz (Joli foulard)
(Idir/Traditionnel adaptation Idir)
Ce titre est un chant d’amour ancien que m’a révélé dda l’Mulud.
5 –Sans ma fille
(Michel Jourdan/Tanina Cheriet)
« Ma fille Nina a composé la musique de cette chanson. J’ai voulu me débarrasser de la panoplie traditionnelle en la laissant exprimer les angoisses qu’elle pouvait lire dans mon regard ». La confession émouvante d’un père qui voit partir sa fille pour fonder une autre famille et se demande s’il pourra devenir ami avec l’homme qu’elle a choisi.…
6 – Ssiγ tafat (Plaisir d’Amour)
(Idir/Traditionnel)
Sur cette mélodie, reprise notamment par Elvis Presley et les Aphrodite’s Child, Idir évoque les frayeurs et les émerveillements de son enfance : « lorsque, cachés sous nos couvertures, nous écoutions nos mères et nos grand-mères nous raconter des histoires de princesses, d’ogres et d’ogresses. J’aimais la nostalgie et la tristesse qui se dégageaient de cette musique. »
7 – Ibeddel zzman (Les temps changent)
(Ahcène Mezani-Idir/Ahcène Mezani-Idir)
Un hommage au chanteur kabyle Ahcène Mezani. « Dans les années 50/60, il chantait des morceaux plein d’espoirs sur des airs de calypso. C’était une sorte de zazou qui se produisait à l’époque où l’on trouvait de petits orchestres de jazz en Algérie. On l’a un peu oublié mais pour moi, il demeure éternel. J’ai joué sur les accents latinos parce qu’il adorait ça ! ».
8 – Tajmilt i Ludwig (Clin d’œil à Ludwig)
(Ludwig van Beethoven)
Un jour, j’ai fait écouter « l’Hymne à la joie » à Saïd Axelfi, un grand musicien traditionnel du bled. Il a pris sa flûte et l’a restitué comme ça, sans connaître Beethoven. Il était persuadé qu’il s’agissait d’un air de chez nous. Lorsque je lui ai montré le disque, il était plutôt furieux ! ».
9 – Uffiγ (Sept garçons)
(Traditionnel)
« Un ancien chant de femmes dont les textes sont basés sur le langage du cœur. Dès qu’un couplet s’achève, cela suscite la joie des femmes qui écoutent et qui répondent par des « youyous » de reconnaissance et de bonheur ». Idir a juste rajouté une basse et se fond dans les chœurs.
10 – Targit (Faisons un rêve – Scarborough Fair)
(Ameziane Kezzar/Traditionnel)
« Faisons un rêve, pour un monde meilleur… Parfois sans illusions mais toujours sans réserve ! » confie Idir qui chante sur cette mélodie irlandaise du XVIIème siècle, popularisée notamment par Simon&Garfunkel.
11 – Tayemmatt (Naissance du Monde)
(Idir/Idir)
Sans doute le titre le plus personnel d’Idir qui, a cappella, évoque la disparition de sa mère.« C’était une femme qui faisait de la poésie et m’a beaucoup appris. Le manque, la douleur de perdre une mère est quelque chose d’universel et que je voulais partager. C’est sa voix que l’on entend à la fin. Le poème illustrant l’esprit du texte débute ainsi : « Avec les mots du cœur, je suis venir te dire le manque de désir, de vivre sans ta douceur. Tu caressais une fleur ? Je la voyais sourire ! Au moment de partir, tu la laissais en pleurs…
Annie Grandjanin
NOUARA
26/12/2015 02:46 par artisteskabyles
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NOUARA
26/12/2015 02:46 par artisteskabyles
BIOGRAPHIE DE : NOUARA
Nouara, surnomée la diva de la chanson kabyle
Nouara a chanté la femme, l’amour, la cause amazighe, les droits de la personne, Tamurt avec ses tripes et sans concession. Mais avant d’arriver à cette carrière artistique extraordi–naire, extraordinaire, Nouara a commencé toute petite à la radio algérienne d’expression kabyle dans les année soixante. Originaire de Kabylie où elle est née le 15 Août 1945 ( Azazga), Nouara, de son vrai nom Hamizi Zahia, et sa famille se sont installées à la Casbah à Alger.
Enfant, Nouara voulait d’abord devenir infirmière mais le destin en a décidé autrement.
Et tant mieux pour la chanson algérienne d’expression kabyle ! C’est en 1963 que l’histoire de Nouara avec le monde artistique avait commencé. D’abord dans l’émission enfantine de Abedelmadjid Bali où elle chantait des chansonnettes comme Afus a Lênber. Ensuite dans une autre émission Music Hall de Radio de Taleb Rabah où elle fredonnait les chants de Bali en plus du courrier des lecteurs qu’elle lisait à l’antenne. Arriva enfin la consécration artistique grâce à sa voix.
Sa superbe voix, qui la distingue des autres, n’a pas tardé à susciter l’intérêt chez les connaisseurs. Et c’est comme ça que Chérif Kheddam l’a remarquée. Il sollicita alors ses talents sans hésiter. Sans calculs et sans stratégie, Nouara se retrouve enfin dans les bras de l’univers artistique, le meilleur. Sa voix, les musiques et les textes de Chérif Kheddam ont fait d’elle l’ambassadrice de la chanson kabyle. Sa voix mélodieuse a su accrocher l’auditoire kabyle et par la même occasion séduire le monde artistique. En effet, vers la fin des années soixante, Nouara a été convoitée par des artistes de renom en l’occurrence Medjahed Hamid, Ben Mohammed, Hassene Abassi, Lhacène Ziani, idir, Matoub Lounes.
Parallèlement à ses talents de chanteuse, Nouara a le don de comédienne. Recrutée en 1969 à la radio algérienne d’expression amazighe, elle a interprété plusieurs rôles dans les pièces de théâtre radiophonique de la chaîne II. Et c’est dans cette même radio qu’elle animait durant les années soixante-dix, Nouara l’émission féminine : Urar Lxalat (Place aux femmes).
Nouara aime chanter. Elle fredonne tout le temps les mélodies qui l’habitent comme les chants de Madjid Bali. Notre Diva est aussi exigeante envers elle-même d’abord. Pour elle, un vrai chanteur doit maîtriser Acewwiq. Puisque, selon elle toujours, ce Acewwiq nous distingue des autres. Nouara voue une admiration religieuse aux oeuvres de Chérif Kheddam :« C’est un grand artiste.Qand je chante ses musiques, je fais tout pour qu’elles soient à la hauteur de son génie professionnel ». D’ailleurs, ses duos avec Da Cherif étaient sublimes, notamment »nemfaraq ur nxemmem » (On s’est quitté sans réfléchir), »ula d nek yuâr ad ttugh » ( Ce n’est pas évident pour moi de t’oublier). Nouara a chanté aussi avec Farid Ferragui et Matoub Lounès dans les années quatre vingt-dix. Ses chansons préférées ? Difficile de répondre à ce type de questions pour un artiste. Mais, Nouara avoue qu’elle aime chanter et rechanter » win i tûzadh yejja k iruh », »lewjab ik m id yehder yidh » et surtout Acewwiq »a tin yuran deg ixef iw » avec chérif Kheddam.
Nouara, Même si elle a chanté avec beaucoup d’hommes-artistes kabyles, reste qu’elle a été influencée à ses débuts par une autre grande dame de la chanson kabyle des années cinquante et soixante : Ourida : « La voix de Ourida était très belle. J’ai essayé pendant longtemps de l’imiter ».
De tout ce travail et de tous ces sacrifices est née une relation très forte entre Nouara et son public. C’est depuis 1967 qu’elle animait des galas à Alger, en Kabylie, à Oran et un peu partout en Algérie avec Chérif Kheddam. Son dernier gala remonte à 1996 à Tizi-Ouzou où des milliers de spectateurs se bousculaient pour la voir, l’entendre et surtout l’apprécier. D’ailleurs un autre spectacle a été programmé à la demande du public. Accompagnée par Medjahed Hamid, Nouara n’a pas pu contenir ses larmes et ses émotions tellement l’engouement des gens était fort.
Les évènements qui ont secoué l’Algérie ont chamboulé tout le monde y compris notre douce chanteuse. Nouara, selon ses proches, est beaucoup affectée par l’assassinat de Matoub Lounès. Elle leur disait qu’elle ne pouvait pas aller se recueillir sur sa tombe ou présenter des condoléances à sa famille. Pour elle, Matoub est toujours vivant : « Quand le téléphone sonne, dit-elle, je souhaite que ce soit Lounès qui m’appelle » ! Comme Lounès Matoub, Nouara est très attachée à sa Kabylie natale. Après sa retraite méritée, elle compte aller vivre définitivement à Fréha(capitale des Ath Jennad) , en Kabylie.
Loin des tracasseries administratives, la chanson n’a pas de retraite. Nouara continuera à chanter jusqu’à la fin de ses jours :« J’aime chanter comme un oiseau. Je fredonne toujours quelque chose même à la maison » ! Un projet lui tient à cour : réaliser un album icewwiqen. Nouara adore acewwiq. En 1996, à Tizi Ouzou, quand elle a commencé à chanter un Acewwiq, les spectateurs l’avaient applaudi pendant plus de 15 min. Tout le monde était debout. C’était émouvant. Ce qui l’a profondément touchée. Même Medjahed Hamid a arrêté de jouer sa musique. Les spectateurs voulaient apprécier, savourer juste la voix de Nouara.
Devant un tel succès et tant de gratitude, un journaliste de la chaîne II lui avait dit ironiquement :« Dommage que tu ne sois pas Ouerda ou Salwa. Le pouvoir t’aurait réhaussée ! Et Nouara de répliquer : « Je suis contente de moi, je suis berbère et je n’ai pas besoin que le pouvoir algérien me rehausse, d’ailleurs il n’est pas crédible ». Nouara a toujours refusé les invitations du pouvoir pour chanter le 5 Juillet ou 1er Novembre.
Matoub l’a baptisée La Diva de la chanson Kabyle. Il a raison. Elle est même la voix d’or de la chanson nord-africaine.
Source : http://www.music-berbere.com/artiste-nouara-ia-43.html#ixzz3vNzkIjvg
CHERIF KHEDDAM
26/12/2015 02:45 par artisteskabyles
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CHERIF KHEDDAM
26/12/2015 02:45 par artisteskabyles
BIOGRAPHIE DE : CHERIF KHEDDAM
Né le 1er janvier 1927 à Aït Bou Messaoud en Haute Kabylie, Cherif Kheddam est l’ainé de cinq enfants et dont le père était un homme pieux et respecté.
Cherif Kheddam appartient à une modeste famille maraboutique affiliée à la confrérie des Rahmania.
En 1936, son père décide de l’envoyer à l'école française située à 17 km. Toutefois, les conditions étant dures, il change d'avis et l'envoie chez Cheikh Oubelkacem de la zaouïa des Boudjellil, située en face de Tazmalt, dans la wilaya de Bgayet pour poursuivre l’acquisition de la haute culture lettrée.
En 1942, il termine son cursus coranique.
A l'âge de 12 ans il débarque à Alger pour travailler comme journalier dans une entreprise de construction à Oued-Smar.
Trois années plus tard, suite à une dispute avec son patron, il quitte Oued-Semar.
En 1947, Chérif Kheddam quitte l’Algérie pour la France. À son arrivée, il s'établit à Saint-Denis puis à Epinay.
De 1947 à 1952, il exerce dans une fonderie et, de 1953 à 1961, dans une entreprise de peinture. Parallèlement à son dur métier, Cherif Kheddam prend des cours de solfège le soir chez des particuliers.
C’est donc dans le contexte de l’émigration que Chérif commence à pratiquer la musique et le chant. Tahar Djaout écrit à propos de l'exil de Chérif Kheddam : "C'est en France où il arrive à l'âge de 21 ans qu'il découvre vraiment l'art : la chanson maghrébine, arabe ou occidentale, les films égyptiens. Chérif Kheddam s'intéresse à tout cela de façon presque ludique. S'il y a chez lui une "arrière-pensée" professionnelle, il ne se prend pas pour autant au sérieux, ne pense pas pouvoir un jour vivre de l'art. Pour la chanson kabyle de l'époque, la scène était occupée par Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui et Alloua Zerrouki. (...) Tout en demeurant sensible à toute belle musique, Chérif Kheddam se sent de plus en plus attiré par l'art occidental. Il découvre la musique classique, s'en imprègne, éprouve pour elle un grand penchant."
Sa première chanson Yellis n tmurt iw (Fille de mon pays), enregistrée le mois de juillet sur un disque 78-tours grâce au concours d'un ami français, libraire de profession. La diffusion du disque par la RTF (Radio-Télévision française) lui assura un certain succès.
Malgré son premier succès, Chérif kheddam chante dans des conditions toujours difficiles. Il mène deux activités diamétralement opposées : le travail dur de l’ouvrier et la création artistique qu’il tentera de maîtriser pleinement.
Chérif Kheddam persévère dans cette voie grâce à l’encouragement de ses amis, en particulier Madame Sauviat, disquaire, spécialisée dans la chanson orientale, qui, ayant remarqué la qualité de cette chanson, le dirigera vers Pathé Marcon qui lui établit un contrat en 1956.
Il compose pour Radio Paris, puis pour l'ORTF plusieurs morceaux exécutés par le grand orchestre de la radio sous la direction de Pierre Duvivier. D'autres pièces sont interprétées en 1963 par l'orchestre de l'Opéra comique.
Mais du côté de ses confrères chanteurs, on a compris que la démarche de Chérif Kheddam est une démarche d'avenir. Ainsi la rencontre avec Ahmed Hachelef, directeur artistique, sera également importante dans la carrière de l’auteur. Les affres de l’exil et de la guerre d’Algérie le poussent au repli sur soi et à la création. De cette situation paradoxale naît l’œuvre musicale de Chérif qui va se tourner vers une carrière professionnelle.
Conscient de l’indigence qui affecte le patrimoine musical enfermé dans une tradition sclérosée, il tente de l’enrichir, de le rénover sans gommer ses caractéristiques. Il a su créer un espace d’expression ouvert sur la modernité, imposer une rigueur au niveau de la création qu’il n’a pas manqué d’inculquer aux jeunes chanteurs. Il a en effet, encadré des groupes et formé des émules de la chanson moderne qui, aujourd’hui encore, se réclament avec fierté du maître. Parmi eux, on trouvera des noms connus dans la chanson militante amazighe : le groupe Yugurten, Ferhat Imazighen Imoula, Idir, Aït Menguellet, Malika Domrane, Nouara, Ahcène Abassi...
Pendant l'année 1958, Chérif Kheddam composa et enregistra certaines de ses plus belles chansons : Nadia, Djurdjura, Khir Ajellav n'Tmurtiw, entre autres. Chérif Kheddam, qui a une très haute idée de la poésie, ne se considère pas comme un poète : il a répété à qui veut l'entendre que, pour lui, la musique est plus importante que les paroles, témoigne Tahar Djaout. Et pourtant, les compositions poétiques de notre chanteur sont d'une extrême sensibilité, d'une rythmique envoûtante faisant mouvoir un appareil métaphorique d'une originalité certaine. Qu'il chante la femme kabyle, la montagne du Djurdjura, l'exil, la patrie, l'indépendance, l'amour et ses déboires, Chérif Kheddam exalte des valeurs esthétiques indéniables et s'éloigne du moralisme ambiant ayant marqué certains chanteurs de l'époque. La chanson Alemri est un exemple de réussite poétique et musicale qui fait partie des œuvres éternelles de l'auteur.
En 1963, Chérif Kheddam rentre au pays et prend contact avec la Chaîne II de la radio nationale qui l'engage aussitôt. Il avait animé plusieurs émissions de radio, mais c'est avec Ighennayen Uzekka qu'il sera connu et hautement apprécié pour avoir déniché des talents, conseillé et encouragé les nouveaux venus au monde de la chanson. Son émission équivalait à un sévère jury qui donnait le quitus à un avenir artistique pour le candidat ou le conseil pour s'éloigner d'une aventure où il risquerait de perdre du temps et de l'énergie pour rien.
Il est aussi sollicité comme professionnel dans une commission d'écoute en kabyle et en arabe au sein de l'ex-RTA. C'est grâce à lui que la chorale du lycée Fadhma-N'soumer fut créée. L'idée se propagea aux autres établissements jusqu'à sélectionner plus tard les chorales du lycée Amirouche et du lycée El Khensa, d'où sortira par exemple la célèbre Malika Domrane. Chérif Kheddam prit sa retraite administrative en 1988.
Peut-on parler de Chérif Kheddam sans citer Nouara, la diva qui l'a accompagné dans un grand nombre de ses chansons et à qui il a composé des poèmes et des musiques ? Cet heureux mariage artistique entre deux sommets de l'art est sans doute un exemple unique dans la chanson kabyle en matière d'harmonie, de symbiose esthétique et d'affinités électives.
Cherif Kheddam est mort en France d’une longue maladie le 23 janvier 2012 à l’âge de 85 ans.
Il a été inhumé, le vendredi, 27 janvier, dans son village natal, Boumessaoud ( Tizi Ouzou), en présence des milliers de personnes qui l’ont accompagné à sa dernière demeure.
La première partie est tiré du blog de algeriartist
Source : http://www.music-berbere.com/artiste-cherif-kheddam-ia-9.html#ixzz3vNzPwaqx
OULAHLOU
26/12/2015 02:43 par artisteskabyles
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OULAHLOU
26/12/2015 02:43 par artisteskabyles
BIOGRAPHIE DE : OULAHLOU
Oulahlou, de son vrai nom Abderrahmane Lahlou, est né le 09 août 1963 à Takorabt, un petit village de la Diara d'Ighil Ali. Il fait ses premières études à l’école primaire du village puis au collège Jean Amrouche à Ighil-Ali. Après des études secondaires au lycée d’Akbou, il obtient son baccalauréat en 1982.
La période du lycée de Oulahlou coïncide avec l’agitation politique et le bouillonnement culturel du printemps berbère qui le voit en tant que lycéen prendre part aux premières manifestations de rue qui marquent ces années de lutte intense. C’est également à cette période qu’il fait ses premiers pas dans le monde de la chanson en reprenant les tubes engagés de l’époque sur la scène du lycée.
Ses études supérieures, commencent à l’université de Constantine où il prépare une licence en psychologie. En parallèle, Oulehlou se consacre corps et âme à la musique. S’ouvrant sur d’autres horizons, il s’initie à tous les styles musicaux et découvre la langue et la culture chaouie dont il s’imprègne profondément. Une influence qui se traduira plus tard par quelques compositions dans le style typique et la langue des Aurès.
Après son obtention d’une licence en psychologie, Oulehlou revient en Kabylie et s’investit dans le mouvement associatif au niveau de son village. Il anime, notamment, une chorale enfantine à laquelle il destine ses premières œuvres musicales.
Auteur-compositeur et musicien par vocation, Oulahlou est un artiste polyvalent qui joue bien de plusieurs instruments de musique. Il joue également bien de la plume dans un style tantôt mordant, tantôt satirique ou poétique, mais toujours hors des sentiers battus de la rime facile, des archétypes et des expressions éculées, dont usent et abusent les faiseurs de chansonnettes si nombreux aujourd’hui. Son envol artistique ne prend réellement effet qu’à la fin de l’année 1998 , lorsque, sur insistance de quelques amis, Oulahlou se décide enfin à produire son premier opus intitulé Ithvirène ‘’ Les pigeons ‘’.
Encouragé par l’accueil enthousiaste d’un public qui s’élargit de plus en plus, il produit sur sa lancée une deuxième cassette de six titres en 1999. Le titre phare, afouss i Bouteflika, ‘’vive le président ‘’, rencontre un grand succès auprès d’un auditoire attentif qui apprécie de plus en plus cette ironie mordante qu’utilise Oulahlou pour s’aventurer sur des thèmes très souvent à la limite du tabou.
En 2000, il sort son troisième album intitulé Ouchen d weydhi , ‘’ le loup et le chien’’. Oulahlou maintient son cap de chanteur libertaire en revenant avec humour, sarcasme et tendresse sur le sujet qui lui tient le plus à cœur : la liberté.
Le verbe direct, corrosif, le cœur à fleur de peau, il chante la réalité populaire faite de quêtes vaines et d’amertume. Oulahlou porte par sa chanson toutes les frustrations des opprimées, les cris des sans-paroles, le toit des sans-logis, le salaire des sans-emploi et le regard des sans –espoir. C’est la voix des exclus et des opprimés qui refusent d’abdiquer.
En 2001, son quatrième album Pouvoir Assassin, qui survient quelques mois après l’éclatement des tragiques événements du printemps Noir de la Kabylie, fait l’effet d’une bombe. Pouvoir Assassin s’arrache littéralement chez les disquaires et le titre devient aussitôt l’hymne que toute la région reprend lors des manifestations publiques qui drainent des milliers de marcheurs.
Mais ce n’est pas pour autant que le succès lui soit monté à la tête. Oulahlou a su malgré une popularité qui monte crescendo, rester extrêmement modeste et accessible. Il est vrai que sa carrière qui reste à faire ne lui a donné jusqu’à présent pour capital qu’un nom. Pour le reste, il habite toujours une mansarde familiale aux murs délavés par le temps et sa vieille mère qui ploie sous le poids des ans désespère de le voir quitter ses habitudes de hippie pour une vie plus sage et plus rangée.
En 2002, il produit un cinquième album, Ulac Smah ulac (Pas de Pardon) pour rendre hommage aux nombreux jeunes martyrs kabyles tombés sous les balles des gendarmes. Il rend également hommage au passage au chanteur contestataire Ferhat, son père spirituel de toujours.
En 2005, sortie de l’album ‘’Azul al Paris ’’ (bonjour Paris) . Un album de 12 titres avec une inspiration très perceptible des chanteurs français à texte tels que Brassens, Renaud et Moustaki dont il adapte le métèque en Kabyle.
Début 2006, il sort un septième album, "Arraw N Tllelli " (les Enfants de la Liberté), dans lequel il rend un très bel hommage à la célèbre cantatrice Taos Amrouche à travers une chanson intitulée sobrement Marguerite. Une ballade folk servie par une belle mélodie du terroir avec un habillage musical très acoustique : des arpèges, une guitare pour l’accompagnement, une flûte, une basse et la voix chaude et grave d’Oulahlou.
Désormais, d’autres horizons s’ouvrent à lui : il se produit en France, sur la scène parisienne et sa région plus souvent.
Discographie d'Oulahlou
Ithvirène - Opus, 1998
Ouchen d weydhi - Album, 2000
Pouvoir Assassin - Album, 2001
Ulac Smah ulac - Album, 2002
Azul al Paris - Album, 2005
Arraw N Tllelli - Album, 2006
Amour et Liberté - Album, 2008
Sources :
http://www.ighil-ali.net
Source : http://www.music-berbere.com/artiste-oulahlou-ia-91.html#ixzz3vNz8PJFb
MALIKA DOMRANE
26/12/2015 02:42 par artisteskabyles
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MALIKA DOMRANE
26/12/2015 02:42 par artisteskabyles
BIOGRAPHIE DE : MALIKA DOMRANE
A ses débuts, quand on la voyait chanter sur scène, elle donnait l’impression d’une jeune fille frivole. Derrière cette apparente frivolité se cachait en fait une petite kabyle révolté, déterminée à bousculer les mentalités héritées de la période coloniale, à briser les tabous au féminin.
Derrière cette jeune fille d’apparence fragile, se cachait aussi une militante en herbe, pour le combat identitaire. Lorsque Malika Domrane a poussé son premier cri, en ce jour du 12 mars 1956 à Tizi Hibel (Grande Kabylie), ses parents n’imaginaient pas qu’ils venaient de mettre au monde « un monstre », comme la qualifieront de mauvaises langues, ou une « Tabargaz » ceux qui voyaient en elle une femme sincère, engagée dans le combat pour la dignité de la femme et du peuple kabyle.
Toute petite déjà, Malika Domrane refusait l’ordre familial établi. Dans la rue elle tenait tête aux garçons de son âge. A L’école, puis au lycée, elle était provocatrice, la première fille à mettre un pantalon, ce qui était exceptionnel durant les premières années post-indépendance. C’était déjà son côté féministe. Pendant les cours d’arabes où elle ne se reconnaissait pas, elle écrivait selon une de ses anciennes camarades, des paroles pour la chorale du lycée, et des poèmes dont « Je ne veux pas de l’arabe ». C’était déjà son côté militante berbériste. Si la célébrité de la chorale du lycée Fadhma N’soumeur de Tizi Ouzou avait dépassé les frontières de la Kabylie, c’était en partie grâce à elle. A quinze ans alors qu’elle faisait encore partie de ladite chorale, Malika Domrane composa elle-même son premier titre: « Tirga n’temzi » (rêve d’adolescente). Avec ce texte, elle se positionna résolument dans le camp de celles qui se battaient pour l’émancipation de la femme. En même tant, en refusant de remettre le burnous blanc kabyle, au défunt président Boumediene lors de sa visite à Tizi Ouzou, Malika Domrane se positionna d’une manière spectaculaire, dans le camp de ceux qui se battaient pour la dignité du peuple kabyle. Elle refusait de faire ce geste, qu’elle considérait comme un acte de soumission de la Kabylie au pouvoir central d’Alger, qui jusque là faisait l’omerta sur l’histoire millénaire de l’Algérie.
Sa rencontre avec la grande Marguerite Taos Amrouche, même si c’était dans des circonstances pas gaies (elle était venue enterrer sa mère à Tizi Hibel, son village natal), l’avait enthousiasmée. Malika Domrane découvrit l’existence d’une Académie Berbère à Paris (dont Taos fut la principale fondatrice), avec laquelle elle a entretenu une correspondance assidue. En 1969, elle prit part au 1er festival panafricain, dont elle fut une révélation, puisqu’elle obtint une médaille d’or. Les choses s’accélérèrent encore pour elle après son passage à la chaîne 2 de la radio algérienne. Malika Domrane enchaîna plusieurs galas qui la firent connaitre au grand public.
Invité par un producteur pour travailler sur un album en duo, Malika Domrane se rendit en 1979 à Paris pour la toute première fois. Slimane Azam l’avait accueilli en personne à l’aéroport. Pour dire qu’il voyait en elle une grande dame. Même Mouloud Mammeri la présenta à des anthropologues de plusieurs pays, qui faisaient des recherches sur la Kabylie. Malika Domrane enregistra donc son premier album, en duo avec Sofiane, qui fit un tabac. Malika Domrane venait de rejoindre Idir, Djamel Allam et tous les précurseurs de la chanson moderne kabyle. « Boubrit », l’un des duos de l’album se voulait un texte résolument engagé. Malika Domrane y faisait allusion à l’invasion française: « J’ai rencontré Boubtit (Beauprêtre, un colonel français qui avait commit des massacres lors de l’invasion de la Kabylie), a qui j’ai demandé où il allait. Il répondit qu’il allait au pays de Gaïa (Premier roi berbère). » Mais aussi en exaltant les kabyles à s’accrocher à leur courage légendaire, à l’honneur et à la dignité, et à ne pas faire allégeance au pouvoir central d’Alger.
De retour à Tizi Ouzou, un événement lui fournit une nouvelle occasion de manifester son courage, sa détermination et son engagement dans le combat pacifique identitaire et culturel. Avril 80, les étudiants, puis toute la population manifestent contre le déni de notre histoire millénaire. Malika Domrane intégra le comité de vigilance de l’université de Tizi. Elle prit une part active, convaincue que c’était l’occasion ou jamais de rappeler au monde entier l’existence d’un peuple kabyle, qu’on voulait spolier de son histoire, de sa culture et de son identité. Pour maintenir la mobilisation, Malika Domrane chantait aux étudiants et aux lycéens, elle distribuait des tracs. Quel courage pour l’époque et pour une femme ! Les années qui suivirent « le printemps Berbère », ne furent pas de tout repos pour Malika. Elle avait subi des humiliations, des harcèlements policiers et plusieurs gardes à vue et des menaces anonymes, pendant qu’infirmière de formation, elle s’occupait de malades mentales à l’hôpital psychiatrique.
Malika Domrane raconta que ces années passées auprès de femmes malades, l’ont forgée et aguerrie. A leur contact elle découvrit la souffrance de femmes qui avait sombré dans « la folie », à cause de la bêtise humaine, celle des hommes surtout. Inceste, adultère, stérilité, absence d’amour… ont eu raison d’elles. Pour les faire dormir, Malika n’avait pas besoin de somnifère, Malika Domrane leur chantait. Ce qu’elle avait vécu dans cet hôpital l’a endurci et l’a poussée à dénoncer la souffrance des femmes. Elle a alors chanté « L’amour maudit », « Mon amour est mort » et « L’amour insolite », en hommage à ces femmes, avec des textes forts provocateurs. Malika Domrane alla plus loin encore, décidée à briser tous les tabous. Elle se présentait pour prendre part aux réunions de l’assemblée du village (tajmat), où ne siègent plus les femmes depuis plus d’un siècle, pour dire ce qu’elle pensait. Malika Domrane s’attabla à maintes reprises avec des jeunes dans les cafés, lieux habituellement fréquentés que par les hommes. Entre temps elle fit d’autres duos, avec Matoub Lounès, auquel elle était liée par une grande amitié, et avec Takfarinas.
La témérité la poussa un jour à se rendre avec d’autres militants berbéristes à Batna, dans les Aurès, censée être tout aussi berbérophone que la Kabylie. C’était juste au début des années 90, quand le vent de l’islamisme soufflait sur l’Algérie. C’était vraiment osé de leur part. Devant une foule visiblement remontée par des islamo bathistes, et qui leur jetait des noyaux de dattes, Malika Domrane mit toute son opiniâtreté, sa force de persuasion pour expliquer aux Chaouis, que les Kabyles se battaient aussi pour eux.
malika domrane
Alors que le terrorisme faisait des ravages, elle préféra s’exiler en 1994 en France. Elle souffrit longtemps de l’absence de ses enfants, qui n’ont été autorisés à la rejoindre (Visas) que 4 ans plus tard. A la même période, le 25 juin 1998, Matoub fut assassiné. Malika Domrane en fut très affectée et marquée à jamais. Au Zénith de Paris où l’on rendait hommage à Lounès trois semaines après, elle lancera d’emblée: « Je m’appelle liberté et je refuse d’obéir… Je porte toujours en moi la cicatrice de cette douleur inaltérable…. A chaque souvenir de toi (Lounès), je ne peux réprimer mes larmes qui coulent comme une source intarissable.»
En 2001 la grandeur de son âme se révéla de nouveau. Malika Domrane était à l’accueil des blessés du printemps noir, évacués à Paris pour des soins. Malika Domrane s’est démenée pour les aider, leur apporter soutien et réconfort. C’était sa contribution au soulèvement de la jeunesse Kabyle contre l’impunité et l’oppression. En 2003 alors que les blessures ne s’étaient pas encore cicatrisées, Malika Domrane fut sollicitée pour participer à l’année de l’Algérie en France. Tout comme Takfarinas, elle opposa un niet catégorique.
Cette suite d’événements tragiques, a encore aguerri Malika qui souffrait beaucoup. Malika Domrane s’offrit alors une grande tournée pour aller au devant du public exprimer sa douleur. Elle se produisit à Montréal, Rome (Où elle s’était inclinée à la mémoire de Jugurtha, mort juste à côté, dans les geôles romaines), puis à Alger. Sur scène le publique découvre une femme plus grave, avec une parfaite maîtrise de ses mélodies. Elle exprimait sa douleur comme l’aurait fait la meilleure des tragédiennes, laissant par moments échapper une lueur d’espoir. A ce titre, elle rappelait Taos Amrouche. Malika Domrane ne pouvait empêcher des larmes de couler, et le publique en totale communion avec elle aussi. Rare sont ceux qui peuvent se prévaloir d’émouvoir autant leur public.
En 2006, enfin un hommage bien mérité. L’initiative fut de l’association « Mohand At Lhadj » de Tirsatine (Azazga). Tous ceux qui étaient là, étaient unanimes à qualifier Malika de « Tabargazt » (femme courage). En raison de son parcours, son combat, son courage, on fit d’elle la digne héritière de Fadhma N’ Soumeur, insoumise et militante infatigable. Malika Domrane continue à incarner l’exemple même d’une kabyle émancipée, à laquelle se sont identifiées des générations de femmes de Kabylie. C’est un exemple aussi de modestie, de militantisme sincère, de non-conformisme. Malika Domrane ne s’était jamais écartée, de la ligne de conduite qu’elle s’était déjà tracée au lycée, en refusant de remettre le burnous à Boumediene. Elle est la fidélité à la lutte par excellence. N’avait-elle pas déclaré un certain Avril 2007 (printemps berbère) : « Je suis sur les traces de notre aïeule Fadhma Ath Mansour, mère des illustres Marguerite Taos Amrouche et Jean Amrouche, qui ont porté haut et fort nos valeurs identitaires à travers le monde. » Telle a toujours été la mission de Malika. Elle n’oubliait jamais ceux qu’elle avait connue, non plus. La preuve, quand en 2008, Méziane Rachid (auteur, compositeur, homme de théâtre radiophonique et réalisateur) perdit l’usage de la parole suite à un AVC, Malika en fut très affectée. Malika Domrane s’empressa de lui écrire : « Je désire t’envelopper de toutes les plus belles paroles possibles, pour que tu puisses retrouver l’usage de la parole, car tu as encore tant de choses à dire. Malika c’est aussi cela.
Source : http://www.music-berbere.com/artiste-malika-domrane-ia-56.html#ixzz3vNyp09Uw
ZEDEK MOULOUD
26/12/2015 02:41 par artisteskabyles
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ZEDEK MOULOUD
26/12/2015 02:41 par artisteskabyles
ZEDEK Mouloud chante et fait rêver son public depuis 23 ans. Son premier album a été enregistré en France en 1983 chez les éditions Azwaw. Un enregistrement plein d'anecdotes que Mouloud aime à raconter et à s'en souvenir. Toujours et depuis le début son village natal Ath Khelfoun a soutenu et admiré son fils prodige. 14 albums et 14 succès que Mouloud a travaillé et raffiné...
Mouloud ZEDEK est né à Aît Khelfoun, Beni Douala, un mardi, le 13 septembre 1960. Il a commencé à écrire des poèmes très jeune, en 2ème AM comme il le dit, qui doit correspondre à l'âge de 12/13 ans. Il n'a commencé à créer des musiques que durant le service militaire, il n'a pas fait une école de musique mais selon lui, rien ne vaut l'école d'Ath Khelfoun et plus précisément Tala n Berzal et Thighilt nu Madagh ...
Chez lui, la musique et la poésie sont dans le sang et dans le coeur. Quand une chanson vient, elle arrive complète, poèmes et musique, s'il s'en rappelle, il la garde, elle est bien. Sinon elle disparait et il l'oublie.
Dès les premières années, Mouloud s'émerveillait devant les chansons de Cheikh El Hasnaoui, Slimane AZEM, TALEB Rabah et Hnifa. Plus tard, et même étant lui même artiste, il suivait et aimait beaucoup les oeuvres de Ait Menguellet, Matoub, Idir et bien d'autres.
Il a enregistré son premier album à l'age de 23 ans, juste après le long service militaire. Cette première "cassette" l'a réconforté dans son choix de carrière et lui a donné le courage et la volonté nécessaires pour s'engager dans cette voie, celle de la chanson. D'autant plus que cet enregistrement lui a fait décrocher un contrat pour 3 autres enregistrements chez le même éditeur.
Durant sa carrière, Mouloud a apprécié beaucoup de grands artistes Kabyles. Certains l'ont marqué par la beauté de leur poésies, et leur façon de composer et de representer "le kabyle" comme Aït Menguellet. D'autres ont été d'une aide importante et d'un conseil utile et avisé comme Chérif HAMANI, son compagnon de longues années, et le regretté Matoub Lounès.
ZEDEK Mouloud a baigné dans la société kabyle profonde, Il a animé beaucoup de fêtes kabyles en plus des dizaines de spectacles dans différentes scènes de Kabylie et d'Alger. Et même à Oran ou il fût surpris d'avoir une salle pleine à craquer...
Il a été acteur et participant à la majorité des festivités estudiantines avec notamment la mythique université de Tizi-Ouzou.
Lors d'un hommage, à Tizi-Ouzou, pour une grande artiste de la chanson Kabyle, Hnifa, Mouloud a fait la connaissance d'un grand nombre de ses confrères. Il raconte avec sourire une anecdote qu'il livre avec nostalgie. La première fois où la chanteuse Nouara l'a vu, elle lui a avoué qu'elle le croyait "beaucoup plus vieux" au regard de la maturité de ses chansons et la beauté de ses poèmes..
Il se souvient avec plaisir avoir animé un spectacle avec Fellag à la cité universitaire de MDouha à Tizi ouzou, en 1990.
Le regretté Youcef ABDJAOUI a vu son potentiel et l'a beaucoup encouragé dès le début.
La carrière de ZEDEK Mouloud continue, soutenue et consistante et ses belles oeuvres ne font que refléter l'engouement grandissant du public à son egard.
Mouloud ZEDEK ne perd jamais une occasion pour rendre un hommage chaleureux à son fidèle public.
Avec l'aide d'amis proches, et un groupe de musiciens talentueux et impliqué, Mouloud a entrepris un travail à la fois difficile et bénéfique pour sa carrière en France. Avec rigueur et sérieux il présente ses propres beaux spectacles dans les plus prestigieuses des salles françaises (la cigale, le café de la danse...)
ZEDEK Mouloud a décidé de rendre hommage à nos chanteurs disparus en leur réservant une partie dans chacun de ses spectacles, espérant comme il le défend que les jeunes générations les découvrent et l'ancienne génération s'en souvienne...
Source : http://www.music-berbere.com/artiste-zedek-mouloud-ia-88.html#ixzz3vNyMkwgS
FERHAT MEHENNI
26/12/2015 02:35 par artisteskabyles
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FERHAT MEHENNI
26/12/2015 02:35 par artisteskabyles
Fils d'un combattant de la guerre d'Algérie, Ferhat Mehenni entre à l'école primaire en janvier 1963 au centre de Chateauneuf, à Alger, qu'il quitte en 1965, pour celui de Larbaâ Nath Irathen où il reste jusqu'en 1969. Candidat libre au bac en 1972, il entre à l'Institut des sciences politiques de l'université d'Alger et découvre les différents courants idéologiques, berbéristes notamment, qui agitent la capitale. C'est de cette époque (octobre-novembre 1972) que date sa première rencontre avec celui qui deviendra son ami et compagnon de lutte, Saïd Saadi. Ensemble, ils participent à la publication d'une revue intitulée d'abord Taftilt « lumière » puis Itri « étoile », dans laquelle sont formulées des revendications culturelles et linguistiques.
En avril 1973, il participe au festival de la chanson algérienne, où il figure parmi les présélectionnés. Son groupe, inscrit sous le nom de Imazighen en provenance d'Illula Oumalou, deviendra par une faute de frappe Imazighen Imula. Avec d'autres chanteurs, Idir notamment, il contribue à la rénovation de la musique traditionnelle et pose la question de l'identité. Son répertoire est jugé subversif dans une Algérie muselée par le président Boumédiène. Il chante entre autres le déserteur de Boris Vian, l'Internationale en Kabyle. D'avril à juin 1976, il prend une part active aux débats houleux ayant précédé le référendum sur la Charte nationale en proclamant sa berbérité dans tous les meetings. Alors commencent ses démêlés avec la Sécurité militaire. Le 30 novembre, il est cueilli au saut du lit à la cité universitaire de Kouba, puis est relâché après une garde à vue de 24 heures.
Le printemps berbère[modifier | modifier le code]
En avril 1980, il est l'un des artisans du printemps berbère de Tizi Ouzou. Arrêté le 161, il reprend ses activités d'animateur culturel avec Kateb Yacine dès qu'il retrouve sa liberté un mois plus tard, le 14 mai. Membre du Comité des enfants de chouhada, il est l'objet d'intimidations et de surveillance rapprochée. Son passeport lui est confisqué.
Le 30 juin 1985, il est parmi les fondateurs de la Ligue algérienne des droits de l'homme et membre de son comité directeur. Il est arrêté le 17 juillet chez lui à Azazga pour son appartenance à la ligue et pour avoir célébré en dehors des cortèges officiels l'anniversaire de l'indépendance. Incarcéré à la prison de Berrouaghia, il est jugé le 20 décembre 1985 et condamné à trois ans de prison plus une amende de 5 000 dinars. Après 21 mois d'emprisonnement, il est libéré le 27 avril 1987 par grâce présidentielle.
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie[modifier | modifier le code]
En novembre 1988, il lance un appel avec trois de ses camarades Mustapha Bacha, Mokrane Ait Larbi et Saïd Saadi à la tenue des assises culturelles amazigh (berbères) les 10 - 11 février 1989, à l'issue desquelles est proclamée la formation du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD)2 Membre de la direction de ce parti, Ferhat Mehenni devient secrétaire national à la culture et à l'histoire. Il est reconduit dans ses responsabilités lors du congrès constitutif du RCD, le 15 décembre 1989. Toutefois des différends vont l'opposer à Saïd Saadi et quitte la direction du RCD pour présider la coordination nationale du MCB, l'aile proche du RCD et rivale du MCB commissions nationales, proches du FFS.
Il a été le principal artisan du boycott scolaire déclenché en septembre 1994 par le Mouvement culturel berbère3 et qui aboutit, une année plus tard, à la mise sur pied par le pouvoir algérien d'un Haut Commissariat à l'Amazighité.
Ferhat Mehenni va se retrouver dans l'Airbus d'Air France détourné en décembre 1994 par des islamistes du GIA et en sortira traumatisé. Il reprend sa vie de chanteur en signant la même année à Paris un double album chansons d'acier, d'amour et de liberté « Tuɣac n ddkir » et chansons du Feu et de l'eau « Tuɣac n tmes d waman ».
Le Mouvement culturel berbère[modifier | modifier le code]
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En 1995, il renoue avec la politique à travers la création du MCB coordination nationale durant le boycott scolaire en Kabylie, en mars 1995, le clan présidentiel contacte Ferhat Mehenni, à la suite de l'enlèvement de Lounès Matoub, afin de négocier la reprise des cours : « Le général Betchine tenait à mettre fin au boycottage afin de s'assurer de la participation de la Kabylie aux élections présidentielle de 1995 ». En échange de concessions symboliques (création d'un Haut Conseil à l'amazighité chargé de « réhabiliter la culture berbère » et d'introduire la langue berbère dans les médias et l'enseignement », le régime obtient de Ferhat Mehenni qu'il appelle la Kabylie à mettre fin à la « grève des cartables ». Après avoir tenté, sans succès, de convaincre les animateurs du MCB-commissions nationales (tendance du Mouvement culturel berbère proche du FFS de Hocine Aït-Ahmed) de le suivre dans sa démarche, Mehenni annonce au journal télévisé qu'il vient de signer un accord avec le gouvernement et appelle les élèves de Kabylie à reprendre
Au mois de mai 1997, il démissionne du RCD pour cause de trahison envers les berbères, dit-il, explicitant : « Said Saadi a bien trahi la berbérité et la démocratie. II forme des gens contre les démocrates en général et le FFS en particulier ». En 1998, il sort un CD chez Izli intitulé : « Chants du feu et de l'eau ». Et depuis l'assassinat de Matoub Lounès, il a choisi d'être hors du jeu partisan même s'il continue de s'exprimer sur les grands problèmes de la société. Après son exil volontaire en France, il revient en janvier 1999 pour « redynamiser la mouvance culturelle berbère »
Le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie[modifier | modifier le code]
En 2001, à la suite des violentes émeutes qui ont éclaté en Kabylie avril 2001 et avril 2002 (Printemps noir), il prôna comme solution à la sortie de crise dans laquelle se débat depuis l'indépendance de l'Algérie, l'autonomie régionale. À cet effet, il a fondé le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) au terme d'une réunion dans la commune de Makouda en Kabylie le 24 août 20013. L'assassinat de son fils aîné Ameziane, le 19 juin 2004 à Paris, qui n'a toujours pas été élucidé est selon lui très probablement lié à son engagement autonomiste4.
Dans un communiqué publié le 16 mars 2009, Ferhat Mehenni, annonce qu’il est la cible d’un mandat d’amener. Cette décision est prise par un juge d’instruction quand celui-ci demande aux forces de l’ordre de lui présenter une personne mise en examen, y compris par la force. Ferhat Mehenni cite un article d’Algérie News du 16 mars. D’après ses dires, la justice aurait été saisie par les autorités locales à Tubirett (Bouira, une ville au sud-ouest de la Kabylie) au sujet d’une marche étudiante du 20 avril 2008 attribuée au MAK5. L'information n'a d'ailleurs fait l'objet d'aucun démenti de la part du ministère de la justice algérienne. « Je me demande pourquoi ce n’est que près d’un an plus tard que cette instance judiciaire entreprend cette action contre moi, juste à la veille des élections présidentielles qui, au demeurant, ne passionnent personne au pays des Kabyles ? » s’interroge le leader autonomiste. En Kabylie, la totalité des organisations politiques appellent au boycott des présidentielles du 9 avril. Pour la première fois, les partis reconnus (FFS et RCD), les Aarchs (mouvement né durant les émeutes de 2001) et le MAK rejettent tous l’élection, même s’ils n’ont pas mis en place de stratégie commune. Le 20 février 2009, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie avait déjà fait mention d’intimidations contre trois de ses cadres.
LOUNIS AIT-MENGUELLET
26/12/2015 02:32 par artisteskabyles
Lounis Aït Menguellet (Lewnis At Mangellat) (né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas en haute Kabylie) est un chanteur et guitariste algérien kabyle contemporain.
Davantage poète que chanteur, il demeure probablement l'un des artistes les plus populaires et les plus attachants de la chanson kabyle contemporaine, un poète qui est devenu le symbole de la revendication identitaire kabyle. À propos des évènements qui ont secoué la Kabylie ces dernières années, il dit que, égale à elle-même, la région est un bastion de la contestation et qu’elle a toujours été à l’avant-garde des luttes. « Je parle de la Kabylie à ma façon, afin d’apporter quelque chose pour que les choses évoluent », avant de s’empresser d'ajouter qu'il ne fait jamais de politique. Il a écrit quelque 150 chansons et fait l'unanimité parmi toutes les générations kabyles.
Biographie
Le prénom Lounis lui a été transmis par sa grand mère, parce qu'elle l'aurait entendu en rêve quelque temps avant le 17 janvier, date de sa naissance. Son oncle paternel, émigré en Oranie, lui choisira un autre prénom, celui d'un de ses meilleurs amis: Abd Ennebi, prénom qui restera ignoré de tous, y compris de Lounès lui même jusqu'au moment où, à Alger, on exigera les papiers du jeune écolier. Il passa les premières années de son enfance dans son village natal avant de déménager à Alger chez ses frères Smaïl et Ahmed. Il fréquente l'école primaire puis le collège Technique du Champ de Manœuvres où il reçoit une formation d'ébéniste. Lounis n'aime pas les études, puisque, dit-il, on peut tout trouver dans les livres.
La carrière de Lounis Aït Menguellet peut être scindée en deux parties selon les thèmes traités : la première, plus sentimentale de ses débuts, où les chansons sont plus courtes et la seconde, plus politique et philosophique, caractérisée par des chansons plus longues et qui demandent une interprétation et une lecture plus approfondie des textes. Ahkim ur nsaa ara ahkim (Pouvoir sans contre-pouvoir), Idul sanga anruhNekni swarach n ldzayer (Nous, les enfants d’Algérie) : Aït Menguellet choisit délibérément dans ses concerts récents de chanter ces poèmes, plus longs et plus composés, comme une invitation lancée à son public à une réflexion et à une découverte.
En présentant son nouvel album à la presse, le 16 janvier 2005, à la veille de sa sortie le jour de son cinquante-cinquième anniversaire, à la Maison de la Culture de Tizi Ouzou, Lounis a fait remarquer que « l’artiste ne fait qu’attirer l’attention des gens sur leur vécu et interpeler leur conscience. C’est déjà une mission et je ne me crois pas capable d’apporter les solutions aux problèmes ». Aigri par la situation sociale et politique de son pays déchiré, Lounis puise de moins en moins dans son répertoire de chansons sentimentales qui ont caractérisé ses débuts.
Une enfance marquée par la guerre d'indépendance
Il a vécu une enfance difficile, partagé entre sa région natale et Alger où il s'installera un temps chez ses frères Smail et Ahmed. Ses parents exerçaient une activité de commerçants. « Ma famille avait pour tradition le commerce. On avait une sorte de ferme et des magasins dans l’Oranais, à Rahouia. Les hommes y allaient à tour de rôle pour faire marcher les commerces. Les femmes et les enfants restaient en Kabylie ». Il aura à peine le temps de commencer ses études primaires à l'école de son village : « J’y suis allé pendant une année, avant que l’école ne soit détruite, brulée par les Moudjahiddines ».
La suite ? « Elle a été un peu compliquée. J’ai tenté de reprendre les études au village, et j’ai fait quelques années encore avant l’indépendance. Puis, après 1962, je suis parti avec mes frères sur Alger où j’ai repris le cursus primaire dans une école aux Champs de Manœuvres, et de là, j’ai atterri au collège d’enseignement technique dans lequel je suis resté trois ans ».
Au cours de la dernière année, Lounis doit tout abandonner après la mort, dans un accident de la circulation, de son grand frère, jeune commissaire de police à Alger, qui l’avait à sa charge et s'occupait de lui depuis le départ du père à Oran.
Pendant ses études - il suit une formation d'ébéniste dans un collège technique - il s'éprend de littérature, grâce à un professeur particulièrement pédagogue, et commence à écrire des poèmes, qu'il chante dans la plus pure tradition orale de la poésie berbère.
Obligé de travailler pour vivre, Lounis trouve un emploi de secrétaire subdivisionnaire au ministère des Travaux publics. Mais, parallèlement, il commence à se lancer dans la chanson, sans penser encore à devenir chanteur.
Les débuts dans la chanson
Ses débuts dans la chanson remontent, à l'année 1968. Il avait à peine dix-huit ans lorsqu'il crée avec quelques copains le groupe Imazighen. « On était des débutants, on a beaucoup bourlingué, fait des galas, des fêtes un peu partout en Kabylie. Je me rappelle bien de ce gala qu’on avait fait à la salle des fêtes de Tassaft. Elle était archicomble, et j’en garde un très bon souvenir. C’était notre premier gala réussi, ça nous a vraiment galvanisés ». Des pères blancs avaient mis à leur disposition une pièce pour que le groupe puisse répéter. Et au 1er étage, Mouloud Mammeri dispensait des cours de langue amazighe ; Lounis apprendra l'alphabet tifinagh grâce à l'écrivain.
Un an plus tôt, en 1967, son cousin Ouahab l’avait pris presque de force pour l’emmener subir l’incontournable et très redouté passage à l’émission Nouva Ihafadhen de la Radio kabyle que Cherif Kheddam, une grande figure de la modernisation de la chanson kabyle, consacre à la découverte des « chanteurs de demain ». Il y chante sa première chanson, composée en 1966, à l'âge de seize ans, à la suite de sa première (et dernière, avouera-t-il plus tard) déception amoureusee, Ma trud ula d nek kter (Si tu pleures, moi je pleure encore plus). Celui qui avait l'habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d'Ighil Bouammas, son village natal, devient, en quelques mois, cette idole qui bouleverse les cœurs. Sa carrière est lancée.
Ce cousin s'occupait du groupe, et jouait un peu le rôle de manager. « C’est lui qui m’avait vraiment poussé à y aller. Dans le temps, il était au groupe comme un manager, il nous débrouillait des galas, le transport. Il était très actif avec nous jusqu’en 1970. Puis, je suis rentré au village, les autres se sont dispersés, et le groupe a fini par disparaître. Mine de rien l’expérience a quand même duré près de trois ans ».
De retour chez lui à Ighil Bouammas, Lounis est recruté comme secrétaire à la Kasma de la région, et il se marie. Mais il doit quitter son travail, après seulement quelques mois d’exercice, pour partir sous les drapeaux. Sa première fille - il aura au total six enfants - vient au monde alors qu’il accomplissait son instruction à Blida, avant d’aller faire ses dix-huit mois à Constantine.
C’est également pendant cette période que Lounis prendra son véritable départ dans la chanson. Toujours grâce à son cousin Ouahab, qui avait pris contact avec un éditeur, Yahia L’hadi (qui était aussi un célèbre chanteur arabe oranais), il enregistre en 1969 à Oran quatre chansons; dont la toute première, Ma trud ula d nek kter, pour ses deux premiers 45 tours, sortis en même temps.
Avec l'aide d'un de ses amis, Kamel Hamadi, il surmonte les obstacles imposés par la vie militaire pour continuer à enregistrer : « Kamel m’avait, en fait, beaucoup aidé à foncer. Je venais en permission le weekend, et il me réservait à l’avance le studio de Mahbou Bati à Alger pour enregistrer. À l’époque, c’était des 45 tours. Je laissais alors la bande à Kamel pour chercher un éditeur, s’en occuper, et moi je reprenais le train pour Constantine le dimanche en soirée ».
C’est ainsi qu’il ne se rendra compte du succès remporté par son second tube A Louiza, qui avec Ma selber « Je n’en savais absolument rien. Moi j’étais loin, à Constantine enfermé dans une caserne… ».
Les années d'or
Aït Menguellet était sans doute loin d’imaginer qu’il venait d’entamer une longue carrière, et que, par la suite, cette période des débuts serait qualifiée « d’années d’or », titre donné en 1987 à la réédition de ses premières chansons. À ce sujet, il précise avec modestie : « Ce titre je n’ai jamais eu la prétention de le proposer. C’est l’éditeur qui s’en est servi sans même m’aviser. Je n’aurais jamais osé. Je l’ai découvert comme tout le monde sur les jaquettes des cassettes rééditées. Alors s’il est mauvais je ne suis pas responsable, et si les gens ont trouvé qu’il convient, je n’ai aucun mérite non plus ».
Dès le départ, il se situe en rupture avec les orchestrations luxuriantes (et souvent inutiles à son avis) de la musique « berbère » de cette époque. Son langage est à la fois poétique et revendicatif. Il est devenu un symbole de la musique amazighe, à tel point qu'on l'a souvent qualifié de Georges Brassens kabyle.
Dans les années soixante-dix, il s'installe quelque temps en France, où il s'impose comme l'une des grandes figures de la chanson kabyle dans l'émigration. Il passe une première fois à l'Olympia en 1978, fait le plein au Zénith de Paris en 1985, et remplit toujours les stades de Tizi Ouzou, de Béjaïa et la salle Atlas à Alger. À partir de cette période, il commence à devenir le symbole de la revendication identitaire berbère qu'il exprimera de façon éclatante une décennie plus tard, lorsqu'il délaissera les chansons sentimentales de ses débuts pour adopter un style plus philosophique, plus politique, qui ira en s’affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives) et surtout Idaq wul (le Cœur oppressé).
Les gens se reconnaissent dans le malaise social dépeint par Aït Menguellet. Ses textes contiennent cette dose de subversion nécessaire à la prise de conscience d’un peuple qui revendique son identité. Lounis Aït Menguellet dérange. Le 25 octobre 1985, il est condamné à trois ans de prison ferme pour « détention illégale d’armes de chasse et de guerre ». Il est mis en isolement durant trois mois. Malgré les aléas de la conjoncture et de l’ingratitude humaine, il reste le plus populaire des chanteurs kabyles. Et surtout le plus dense et le plus profond. Parce qu’il a su garder sans doute un parfait équilibre entre l’inspiration et la technique et qu’il constitue un moment fort de la chanson kabyle moderne et de la chanson algérienne contemporaine.
Le sage a dit
Après près de quarante ans de carrière, plus de 200 chansons produites (il affirme être incapable lui-même d'en donner le nombre exact) et une notoriété bien établie, Lounis Aït Menguellet est toujours resté « ce campagnard fier », « ce montagnard au fort caractère », essayant de couler des jours paisibles dans son village d'Ighil Bouammas près de Tizi Ouzou. « La vie au village n’est pas aussi ennuyeuse qu’on le pense. Le village où l’on est né présente des attraits que d’autres personnes ne peuvent pas voir. Le fait de me réveiller le matin et de voir la même montagne depuis que je suis né m’apporte toujours quelque chose. »
Victime d'un lynchage en 2001, lié à la situation difficile que connait l'Algérie depuis le début des années 1990, il écrit deux ans plus tard Nedjayawen amkan (On vous a laissé la place), qui est censée être une chanson-réponse à cet évènement dont il refuse de parler.
En 2005, il sort un nouvel album Yennad Umghar (Le sage a dit), et fait remarquer que la sagesse qu’il chante dans ses chansons est puisée chez les petites gens qu’il côtoie. Le titre le plus long de l'album - il dure 8' 22" - Assendu n waman (Les brasseurs de vent) dénonce à la fois les manipulateurs d’opinion qui ont un rang officiel, mais également, toutes les voix officieuses, partisanes, généralement adeptes de la politique politicienne. Lounis constate que les brasseurs de vent « viennent, promettent. Et reviennent, oublient. Et disent, c’est ainsi que se font les choses ». Nul acteur politique n’est épargné, et c’est justement ce que certains reprochent à Aït Menguellet : son manque d’engagement. Il rétorque qu’il n’est pas chanteur engagé par vocation. Lui, il est humaniste, rebelle, observateur et porte-voix des petites gens, des humbles, de toutes ces voix écrasées par toutes sortes d’hégémonies, que l'on ne laisse jamais s'exprimer.
Un poète à la voix envoûtante
Ni philosophe, ni penseur, tout juste poète (« on me le dit si souvent que je commence à y croire »), Lounis s'interdit, dans ses chansons, de donner des leçons. « Je ne fais que de l’observation. Elle peut être juste ou fausse. Mes mots ne sont pas des vérités générales. Mais, quand je les dis, ça me fait du bien ». Avec des mots simples, il raconte la vie des gens simples qu'il cotoie, et sait transmettre une émotion qui touche un public de plus en plus nombreux, qui se presse à ses concerts. Et, avec modestie, il ajoute : « Je suis un homme ordinaire, plus ordinaire que les ordinaires ».
La voix envoûtante et profonde de Lounis Aït Menguellet porte un chant qui vient du fond des âges ; c'est celle des troubadours du Moyen Âge, celle des musiciens traditionnels de tous les peuples qui ont su préserver leur âme. Par sa seule magie, cette voix chaude transporte ceux qui l'écoutent au cœur de la Kabylie. Troubadour, chanteur-compositeur, Aït Menguellet perpétue cette tradition orale des montagnes kabyles qu'a si bien mise en évidence avant lui le grand poète Si Mohand, décédé en 1906, et qu'a chantée Taos Amrouche, sœur du poète Jean Amrouche, décédée en exil, en Tunisie.
Le chantre de la chanson kabyle
Lounis Aït Menguellet part sans cesse à la source pour puiser « une prose littéraire orale, cette prose amazigh traditionnelle dans ses différentes formes d’expression autour desquelles a évolué la mémoire collective de la société », fait remarquer Mohammed Djellaoui, auteur d'un essai sur la poésie d'Aït Menguellet, et il ajoute que le poète « met la légende et la vertu au service d’une cause ».
Cette cause, c'est celle de la culture berbère. Longtemps marginalisée, réduite à un genre mineur, la chanson kabyle, grâce à Lounis Aït Menguellet, a renoué avec le fonds traditionnel berbère qu'a chanté avant lui Slimane Azem, interdit d'antenne dans son pays durant plus de vingt-cinq ans. L'auteur de « Asefru » a su créer des formes et des structures propres à sa poésie en jouant sur l’ambiguïté de sens des mots qu'il utilise, permettant une interprétation pluridimensionnelle de la part de ses auditeurs.
En avril 1980, lorsque le wali de Tizi Ouzou décida d'interdire une conférence de l'anthropologue Mouloud Mammeri sur « La poésie ancienne des Kabyles », la population de la ville, puis des régions avoisinantes, sans parler d'Alger, où les Kabyles sont très nombreux, se souleva, à l'appel des étudiants, pour défendre, à travers les poètes anciens, la langue des ancêtres. L'un de ses défenseurs les plus ardents fut Aït Menguellet :
Reconnais ce qui est tien
Prends garde de ne jamais l'oublier!...
Langue kabyle
Celui qui t'aime
Te sacrifie sa vie
Il te vénère
Et pour toi garde la tête haute
C'est grâce à tes fils
Que l'Algérie est debout.
« Pourquoi cette véhémence ? » se demande l'écrivain Kateb Yacine dans la préface qu'il écrivit en 1989 pour le livre de Tassadit Yacine « Aït Menguellet chante », et il répond : « C'est que tamazight, notre langue nationale, depuis des millénaires, est à peine tolérée, pour ne pas dire proscrite, dans l'Algérie indépendante ! ». La puissance des chansons de Lounis réside dans la qualité de ses textes, la force du verbe : « La paix demande la parole : je suis contrainte de t'abandonner, pays pour qui j'ai l'âme en peine / Ils m'aiment en me comparant à une perdrix / Belle quand je leur sers de festin… », dit l'un de ses textes. Ou cet autre, qui clame : « Nous avons chanté les étoiles, elles sont hors de notre portée / Nous avons chanté la liberté, elle s'avère aussi loin que les étoiles ».
Conscient du rôle essentiel joué par la chanson pour le maintien et la sauvegarde de la langue kabyle, Lounis Aït Menguellet effectue, au travers de ses chansons - dans lesquelles le texte et la langue tiennent une place primordiale - un véritable travail de mémoire pour sa langue maternelle. La défense de sa langue est l'une de ses raisons de vivre : « La chanson a toujours porté à bout de bras l’âme kabyle, l’essence algérienne. Il y a plein de Kabyles qui ont appris leur langue grâce à la chanson ». Les mots du kabyle lui parlent et il continue à en découvrir : « La langue, c’est la mère, la terre ».
Chanteur à textes, Lounis Aït Menguellet n’en a pas moins introduit une recherche musicale plus élaborée dans ses chansons depuis que son fils Djaâffar, musicien lui-même, fait partie de son orchestre, qui ne dépasse pas quatre membres (deux percussionnistes, un guitariste et son fils qui joue au synthétiseur et à la flûte).
À propos de la chanson kabyle, Lounis Aït Menguellet considère qu'elle se porte plutôt bien, dans la mesure où il y a toujours de jeunes artistes qui émergent. « Il y a d’un côté, la chanson rythmée que demandent les jeunes, mais il y a aussi le texte qui reste une chose fondamentale dans la chanson kabyle», souligne le poète pour qui la chanson engagée est avant tout une liberté d’expression.
De nombreux ouvrages et études ont été consacrés à son œuvre en tamazight, en arabe et en français.
Hommage de Kateb Yacine
Dans un texte à propos de la défense de la langue kabyle, le grand écrivain algérien Kateb Yacine, décédé en 1989, rend hommage à Lounis Aït Menguellet :
« (…) Et comme l'ignorance engendre le mépris, beaucoup d'Algériens qui se croient Arabes - comme certains s'étaient crus Français - renient leurs origines au point que le plus grand poète leur devient étranger :
J'ai rêvé que j'étais dans mon pays
Au réveil, je me trouvais en exil
Nous, les enfants de l'Algérie
Aucun coup ne nous est épargné
Nos terres sont devenues prisons
On ferme sur nous les portes
Quand nous appelons
Ils disent, s'ils répondent,
Puisque nous sommes là, taisez-vous !
Incontestablement, Ait Menguellet est aujourd'hui notre plus grand poète. Lorsqu'il chante, que ce soit en Algérie ou dans l'émigration, c'est lui qui rassemble le plus large public ; des foules frémissantes, des foules qui font peur aux forces de répression, ce qui lui a valu les provocations policières, les brimades, la prison. Il va droit au cœur, il touche, il bouleverse, il fustige les indifférents :
Dors, dors, on a le temps, tu n'as pas la parole.
Quand un peuple se lève pour défendre sa langue, on peut vraiment parler de révolution culturelle
Kateb Yacine (Extrait de « Les ancêtres redoublent de férocité »).
Lire la suite: http://www.greatsong.net/BIOGRAPHIE-LOUNIS-AIT-MENGUELLET,999915280.html
MOHYA OU MOHAND U YAHIA
26/12/2015 02:02 par artisteskabyles
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Anef i zher ad iserwet
ur nelli d-widak yeÄÄḥen,
timura medden akw yiwet
nek snat iyi-d-iá¹£aḥen…
Acu kan, tamezwarut
akin agumaá¸-ina i lebḥeá¹›,
a kra yettarun, arut,
ulla d-nukwni a d-ncekeá¹›,
abeḥri, iá¹ij, idurar,
ur nezmir-ara a nehá¸eá¹›,
rebḥ ayen n-din yufrar
aá¹as i yeqimen i ceá¹›,
naγ nnif akw d lḥerma
γileγ azal-nsen meqwaá¹›,
mi á¸aleγ ad bedleγ tama
am din, am da, nettwaḥqeṛ,
anef i zher ad yeserwet,
ur nelli d-widak yeÄÄḥen,
timura mdeden akw yiwet,
nek snat iyi-d-iá¹£aḥen…
Mi dliγ γef tagi niá¸en
aqlaγ neguma a neqceá¹›,
aá¹as asen (γe)f i d-bwá¸en
γilen msakit d-aqeá¹£eá¹›,
kul wa dayen ibγa yufat
di Barbès ddu, ḥekaá¹›,
wa tewtit, wa teseḥfat
taγá¹›ibt-agi, aniγeá¹› ?
nsaram ad yalli was
nettru akw, bezef nená¹eá¹›,
win (iwu)mi nniγ : amek i d-dwas ?
yennak : i yelhan d-á¹£beá¹›,
anef i zher ad iserwet,
ur nelli d-widak yeÄÄḥen,
timura medden akw yiwet,
nek snat iyi-d-iá¹£aḥen…
Transcription : Icerfan
A Mmi
Ma tzemreḠa mmi a-tt-waliá¸
huden dunit-ik xzeá¹›
mebla ma tenniá¸-d awal
a-tt-ká¹›eḠkan γer lebni
naγ a-tt-sá¹›uḥeḠaf tikelt
i d-ḥelaḠsi miya tikal
mebla ma tberneḠafus
naγ ma terniá¸-d anahi
ma tzemreḠa mmi a-tt-sleá¸
lehduá¹› ur nemεin-ara
zuzuren-ten fellak
aken a d-rnuḠtilufa
a-tt-sleḠgezmen deg-k
imawen imexlulen
i waken a-tt-á¹feḠiman-ik
ur d-gaṛeḠayen ur nelli
ma tzemreḠa mmi a-tt-waliá¸
huden dunit-ik xzeá¹›
mebla ma tenniá¸-d awal
a-tt-ká¹›eḠkan γer lebni
naγ a-tt-sá¹›uḥeḠaf tikelt
i d-ḥelaḠsi miya tikal
mebla ma tberneḠafus
naγ ma terniá¸-d anahi
ma yella teá¹feḠtirugza
mkul ma teqimeḠd-igellil
deg medden ur tregweleá¸-ara
agelid ak yeá¹á¹cawaá¹›
ma yella tzemá¹›eḠa-tt-ḥemleá¸
imdukal am atmaten-ik
xas ma yella yiwen degsen
ur d-yezgi am txatemt
ma tzemreḠa mmi a-tt-waliá¸
huden dunit-ik xzeá¹›
mebla ma tenniá¸-d awal
a-tt-ká¹›eḠkan γer lebni
naγ a-tt-sá¹›uḥeḠaf tikelt
i d-ḥelaḠsi miya tikal
mebla ma tberneḠafus
naγ ma terniá¸-d anahi
ma tzemreḠa-tt-megá¹›eá¸
iseγ defir n terẓi
ul am usanag-d isin
deg yiwet n taluft ammi
m-a yela tzemreḠa-tt-ḥekmeá¸
ger tisas d wallaγ-ik
anida γellin wiyiá¸
ihi ! tzemreḠi yiman-ik
ihi ! ulla d-igeliten
ulla d-zher d yiseγ
a d-uγalen s-idis-ik
aqlak-id d-argaz a mmi
ma tzemreḠa mmi a-tt-waliá¸
huden dunit-ik xzeá¹›
mebla ma tenniá¸-d awal
a-tt-ká¹›eḠkan γer lebni
naγ a-tt-sá¹›uḥeḠaf tikelt
i d-ḥelaḠsi miya tikal
mebla ma tberneḠafus
naγ ma terniá¸-d anahi
Transcription : Imminig